Chapitre 1 : Dernier jour
Le soleil pénétra ma chambre à travers les fins rideaux couleur chocolat, comme à son habitude. Cette journée débutait ordinairement et rien ne présageait qu'un événement allait bouleverser mon existence. Sa chaleur me caressa délicatement le visage pour me réveiller en douceur. J'aimais tellement cette chaleur sur ma peau. J'ouvris les yeux. Ma chambre était désormais baignée par les rayons de mon très cher soleil. Je me levai en repoussant les draps soyeux de mon lit puis me dirigeai vers mon balcon pour admirer le magnifique paysage qu'offrait l'aube. Je ne m'étais pas trompée. Ce spectacle vallait tout l'or du monde. Jamais, je me laçai de voir pareil merveille. Je restais là, accoudé au rempart, à le contempler. Soudain, je sentis quelque chose de poilu caresser mes jambes nues. C'était mon chat adoré, Nemphis. Je le pris dans mes bras pour le câliner, tout en me dirigeant vers la pièce qui me servait de cuisine. Ici, m'attendaient tout un régiment de serveurs qui s'activèrent lorsqu'ils me virent. Ma jeune s½ur, Néfertari, était déjà assise et leva les yeux à mon entrée. Je posai Nemphis délicatement sur le sol et allais la rejoindre. A peine assise, qu'on me proposa divers mets. Je ne pris qu'une simple orange. Je mangeais très peu le matin. Ma s½ur ne m'adressa pas la parole, comme tous les matins d'ailleurs. Elle était très jalouse de moi et me haïssait au plus haut point. Je ne comprenais pas son attitude à mon écart.
Elle était ravissante, même au réveil, avec ses longs cheveux noirs de jais qui encadré son visage brun en forme de c½ur. Ses yeux étaient teintés d'un noir particulièrement sombre. Son corps était fin mais très bien proportionné. Elle aimait plaire les hommes jeunes ainsi que les hommes mûrs. Dès qu'elle passait devant une surface qui réfléchissait son visage, elle se contemplait pendant des heures. J'étais à l'opposée d'elle, tant bien physiquement que moralement. Mes longs cheveux étaient plutôt bruns chocolats tout comme mes yeux. En revanche, ma peau était étrangement claire. J'aimais passer mes journées en compagnie des filles des servantes du palais, ce qui dégoutait fortement ma s½ur. Tous les après-midi, je les passais à étudier en compagnie d'un homme très charmant dont sa sagesse et sa culture étaient très élevées. Je ne vis pareil homme dans toute mon existence d'humaine. Il était également très étrange et j'étais sans cesse intriguée par son mystère. Il s'agissait en faite d'un vampire mais je ne le su qu'après ma transformation.
J'entendis un bruit de chaise qui me fit revenir à la réalité. Néfertari s'était levé pour partir, sans m'accordait le moindre signe ni la moindre parole. Je n'y prêtai aucune attention. Je me levai à mon tour et me dirigeai vers la plus proche des servantes :
_ Savez-vous si mon père et ma mère sont déjà levés ?
_ Votre père, le pharaon, est déjà levé mais une réunion très importante le retient en ce doux matin. Quant à votre mère, la reine, on est en train de lui faire sa toilette. Voulez-vous que je la prévienne que vous souhaitiez la voire ?
_ Ce n'est pas la peine, lui dis-je. J'irais lui rendre visite quand je serais à mon tour présentable. Mon fiancé est-il également réveillé ?
_ Il est réveillé, noble princesse, mais il est avec votre père.
_ Merci.
Elle me salua très bas. Je me tournai et regagnai ma chambre pour me préparer. Le régiment de serveurs qui se trouvait dans la cuisine, m'attendait à présent dans ma chambre. Ils avaient remplis ma baignoire d'eau et d'huiles essentielles. Ces odeurs volaient dans la pièce et je reconnu celle de la vanille, ma préférée. Je ne pus identifier les autres arômes à cause de mon odorat d'humaine. Je retirai mon vêtement et me plongeai dans l'eau tiède parfumée. J'aurais pu me rendormir mais je voulais voir mes parents avant de rejoindre mes amies. On avait prévu de se balader dans l'immense jardin du palais. Je n'avais pas eu l'occasion encore de m'y promenait car la construction du palais venait tout juste de s'achever. Cela faisait peut-être une semaine que nous nous sommes installés, moi et ma famille royale. Je sortis du bain et une servante m'apporta un linge blanc pour m'essuyer. Enfin sèche, on m'habilla d'une somptueuse robe beige et on me chaussa d'une paire de chaussures assorti. Je ne prêtai guère d'importance à la façon dont on m'habillait. Puis, les servantes s'occupèrent de mes longs cheveux épais. Elles mettaient beaucoup de temps à les coiffer à cause de la longueur. Soudain, je vis un homme qui s'avançait vers moi. C'était Djoser, mon fiancé.
Mon père avait choisi ce dernier car il était le fils d'un de ces proches amis et il savait par-dessus tout que je l'aimais. On avait passé notre enfance ensemble et mon amour pour lui avait grandi en même temps que nous. Quand j'avais appris la nouvelle, j'avais ressenti une immense joie. Nous étions fais l'un pour l'autre. Je le savais et rien ni personne n'aurait pu changer ça. Si seulement j'avais su. Nous devions nous marier dans un mois. Les préparations du mariage avaient déjà commençait. Mais malheureusement, ce mariage n'aura jamais lieu.
En le voyant, je me levai précipitamment pour me jetai dans ses bras que j'appréciais tant. Nous tombâmes à la renverse sur des cousins. Nous rîmes tous les deux ainsi que les servantes qui se retirèrent silencieusement. Il me releva et m'offrit un immense sourire qui me faisait chavirer. Puis, il prit mes mains, les embrassa et me demanda :
_ As-tu bien dormis, mon amour ?
_ A merveille !, lui répondis-je, mais je n'ai pas étais pleinement satisfaite de ma nuit.
_ Et pourquoi donc ? me questionna-t-il avec un air étonné.
_ Je me sentais bien seule dans mon lit sans toi pour me réchauffer et me tenir dans tes bras.
_ Je suis désolé d'avoir été absent mais le devoir m'appelait. D'ailleurs, je t'apporte un petit cadeau pour me faire pardonner. J'espère qu'il te plaira.
Il retira de sa poche un petit paquet enveloppé et me le tendis. Je le pris, le déballai et j'y découvris un magnifique bague, fine en or, composé de petits émeraudes. Il avait très bien choisi car l'émeraude était ma pierre préférée. Je le remercis en l'embrassant sauvagement. Quand nos lèvres furent séparées, il me dit avec ses yeux doux :
_ Je suppose que mon cadeau te plait énormément. Tu ne m'as jamais embrassé de cette façon. As-tu remarqué l'inscription derrière la bague ?
_ Non, ai-je répondis. Ensemble pour l'éternité, lis-je en hiéroglyphes. C'est magnifique. Tu n'aurais pas du.
_ Je voulais te montrer l'amour que j'ai pour toi et puis rien n'est assez beau pour toi ! Je suis désolé mais je vais devoir y aller. Je te revois cette après-midi, après ta promenade dans le jardin.
Il m'embrassa amoureusement et partit en laissant derrière lui son odeur envoutante. J'enfilai la bague à mon doigt, seul bijou que je portai. Ma toilette étant terminée, je sorti du palais rejoindre mes compagnes. Je promis de rendre visite à ma mère dans ces appartements quand j'aurais le temps, peut-être après ma leçon. Elles étaient là, devant le jardin, en train de m'attendre. J'étais en retard et m'en excusai. Elles me répondirent que ce n'étaient pas grave, qu'elles venaient tout juste d'arriver. Nous rentrâmes dans les allés du jardin. Nous admirâmes les arbres et surtout les fleurs. J'en cueilli plusieurs pour les mettre en vase dans ma chambre et pour les offrir à mon père. Il n'avait pas beaucoup de temps à m'accorder. En lui offrant ces quelques fleurs, cela lui fera énormément plaisir. Nous parlâmes de tout et de rien, nous rîmes. C'était une magnifique matinée. Pourtant, tous allaient changés pour moi. J'allais perdre tous ce que j'aimais et surtout les gens que j'aimais.
Au loin, j'aperçu de belles fleurs que je ne connaissais pas. Je couru et plongeai mes mains sous les feuilles pour les cueillir. Soudain, je sentis deux crochets s'enfoncer dans la chair de ma main gauche. Je retirai ma main aussi rapidement que je pus et y découvris deux petits trous où jaillissaient quelques gouttes de sang.
Puis, je vis un serpent, grand, noir, qui me regardait avec des yeux mauvais. Puis, il se faufila sous les broussailles pour s'enfuir. Je compris aussitôt que cette morsure allait m'entraîner vers une mort prochaine. Je hurlai, non pas de douleur mais de terreur. Mes amies me rejoignirent et remarquèrent la morsure sur ma main. L'une d'entre elle courut prévenir le médecin qui logeait au palais. L'autre resta à mes côtés.
Il était déjà trop tard. J'allais mourir dans quelques heures ou dans quelques minutes. J'étais condamnée. Je ne connaissais encore rien de la vie. Je n'avais eu qu'un avant goût. Rien de plus. La vie m'avait offerte des parents que j'adorais, un amant que j'aimais et maintenant elle venait réclamer ce qu'elle m'avait prêtée. Qu'avais-je fais aux Dieux pour mériter pareil châtiment ? Moi, qui priai les Dieux tous les jours, qui aidais les autres, qui étais aimée de tous !! Pourquoi ? Pourquoi ? Cette question m'obsédait ! Je voyais mon monde s'écroulait, ma vie ! Tous allaient disparaître. Dans quelques heures, je ne serais plus de ce monde. Je serais morte. Une larme roula sur ma joue. C'était la toute dernière de mon existence en tant qu'humaine. Mes yeux commencèrent à devenir lourds et se fermèrent. Mais, je lutais contre moi-même pour les maintenir ouverts. Je voulais regarder le ciel bleu avant de me retrouver dans le noir complet. Je sentis qu'on me soulevait, qu'on me transporter puis qu'on me posait sur une couche. J'entendis des voix lointaines. J'avais peur. Je ne savais pas ce qui aillait se produire. Je ne savais pas comment était la mort ? Est-ce douloureux ? Paisible ? Indolore ? J'étais terrifiée. Cette fois-ci, personne n'était là pour me guider. J'étais seule, face à mon destin. Face à ma mort.
Je me suis toujours demandée comment j'allais mourir. J'avais imaginé plusieurs scénarios concernant ma mort mais j'étais loin de la réalité. Mais cette mort précoce n'était que le début de ma véritable existence.